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Comment éviter les jouets en plastique à risque pour la santé des enfants ?

La majorité des jouets vendus en France sont en plastique. Poupées, figurines, briques de construction, jouets de bain, hochets, tapis d’éveil, le plastique est omniprésent dans l’univers de jeu des enfants, dès les premiers mois de vie. Ce n’est pas une matière inerte. Le plastique est composé de polymères auxquels on ajoute de nombreux additifs, plastifiants, colorants, stabilisants, retardateurs de flamme, dont certains sont des substances préoccupantes pour la santé humaineCela ne signifie pas que chaque jouet en plastique est dangereux. Cet article fait le point sur les risques réels des jouets en plastique pour la santé des jeunes enfants et donne des conseils pratiques pour réduire leur exposition.

1. Les risques chimiques des jouets en plastique

Les bisphénols

Ce sont des composés organiques de synthèse utilisés (dont le bisphénol A appelé aussi BPA) depuis les années 1950 pour fabriquer des plastiques transparents, rigides, résistants à la chaleur, et des résines époxy. On les a longtemps trouvés dans de nombreux objets du quotidien : biberons, tasses à bec verseur, vaisselle bébé, et jouets en plastique dur.

Le BPA est un perturbateur endocrinien, une substance qui interfère avec le système hormonal de l’organisme, en imitant ou en bloquant l’action de certaines hormones naturelles, notamment les œstrogènes. Cette interférence peut provoquer des perturbations du développement, même à des doses très faibles.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) l’a officiellement identifié comme perturbateur endocrinien pour l’être humain. Les effets sur l’homme incluent des perturbations du développement du système reproducteur, des effets sur le développement neurologique et comportemental du fœtus et du jeune enfant, des effets sur le métabolisme et une possible association avec certains types de cancer hormonodépendants. L’ANSES considère que l’objectif prioritaire est de réduire l’exposition des populations les plus sensibles, nourrissons, jeunes enfants, femmes enceintes, par substitution du BPA dans les articles qui leur sont destinés.

En France, le bisphénol A est interdit depuis 2015 dans tous les contenants alimentaires pour bébés (biberons, verres, assiettes). C’est la mesure la plus protectrice en Europe. En revanche, dans les jouets pour enfants, le BPA reste autorisé dans l’UE à une concentration maximale de 0,04 mg/l, une valeur abaissée de 0,1 à 0,04 mg/l en 2017 suite aux travaux scientifiques, mais toujours présente.

Suite aux restrictions sur le BPA, de nombreux fabricants ont eu recours à des substituts : bisphénol S (BPS), bisphénol F (BPF), bisphénol B (BPB). Or l’ANSES a identifié que ces substituts présentent des propriétés hormonales similaires au BPA et a appelé à « porter une attention particulière quant à leur utilisation ». Le bisphénol B a notamment été reconnu comme perturbateur endocrinien pour l’être humain par l’ANSES.

Ce phénomène de substitution pour remplacer une substance dangereuse par une autre présentant des risques similaires est l’un des défis majeurs de la sécurité chimique des jouets en plastique.

un jeune garçon avec des jouets camion miniature en plastique

Les phtalates

Ce sont une famille de composés chimiques utilisés comme plastifiants, c’est-à-dire pour rendre le plastique souple, élastique et extensible. Plus un plastique est mou et flexible (PVC souple, vinyle), plus il contient généralement de phtalates. On les trouve dans les jouets en plastique souple : anneaux de dentition, figurines en vinyle, poupées souples, jouets de bain mou, couvertures ou tapis en PVC.

Plusieurs phtalates sont classés comme perturbateurs endocriniens et comme substances reprotoxiques (toxiques pour la reproduction). Les plus préoccupants, DEHP, DBP, DIBP, BBP, perturbent le système hormonal, en particulier la production d’androgènes (hormones mâles), ce qui peut affecter le développement du système reproducteur masculin en cas d’exposition pendant la grossesse ou la petite enfance. Il existe des relations entre l’exposition aux phtalates et une puberté précoce chez les filles, des perturbations de la fertilité, des effets sur le développement neurologique (hyperactivité, troubles de l’attention), et des perturbations métaboliques pouvant prédisposer à l’obésité.

L’utilisation de plusieurs phtalates dans les jouets et articles de puériculture pour enfants de moins de 3 ans est strictement réglementée par le règlement REACH. Une limite maximale de 0,1 % du poids du matériau est fixée pour les phtalates les plus préoccupants (DEHP, DBP, DIBP, BBP). Malgré ces restrictions, des contrôles réguliers de la DGCCRF continuent à identifier des jouets contenant des phtalates à des concentrations supérieures aux limites autorisées, notamment parmi les produits importés.

Un point important : certains « substituts de phtalates » utilisés par les fabricants pour contourner les restrictions réglementaires font eux-mêmes l’objet d’investigations scientifiques. L’ANSES a publié des travaux portant sur 5 substances de substitution retrouvées dans des jouets et équipements pour enfants de moins de 3 ans.

Les métaux lourds 

Les métaux lourds, plomb, cadmium, mercure, chrome, arsenic, baryum, antimoine, sélénium, sont présents principalement dans les pigments et colorants qui donnent leurs couleurs vives aux jouets en plastique. Ces pigments sont appliqués en peinture de surface ou incorporés directement dans la masse plastique.

La norme EN 71-3 fixe des valeurs limites de migration pour 19 éléments chimiques dans les matériaux accessibles des jouets. Mais les contrôles de marché montrent que ces limites sont régulièrement dépassées dans des jouets importés, notamment ceux vendus sur des marketplaces en ligne sans vérification rigoureuse de leur conformité.

Le plomb est la substance la plus préoccupante parmi les métaux lourds. Il n’existe aucun seuil d’exposition sans risque pour le plomb chez l’enfant : la contamination, même à des doses très faibles, peut avoir des effets irréversibles sur le développement neurologique. Les effets documentés comprennent une baisse du quotient intellectuel, des troubles de l’attention et du comportement, des difficultés d’apprentissage, et des effets sur le développement du langage. L’exposition au plomb via les jouets se fait essentiellement par ingestion, un enfant qui porte à la bouche un jouet peint avec une peinture contenant du plomb ingère de petites quantités de cette substance qui s’accumulent dans l’organisme. C’est ce qu’on appelle le saturnisme infantile.

Le cadmium est un métal lourd présent dans certains pigments jaunes et orangés utilisés dans les plastiques de jouets. Il est classé cancérigène certain pour l’être humain par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Il est également néphrotoxique (toxique pour les reins) et peut perturber le métabolisme du calcium, affectant la densité osseuse.

L’arsenic est classé cancérigène certain par le CIRC. Le mercure affecte le système nerveux et peut provoquer des troubles du développement neurologique chez les enfants exposés. Ces deux éléments sont présents dans certains pigments utilisés pour coloriser les plastiques et peintures de jouets importés hors de l’UE.

Les retardateurs de flamme

Ce sont des substances chimiques ajoutées aux plastiques et textiles pour ralentir la propagation du feu et réduire le risque d’incendie. La réglementation européenne impose des exigences d’inflammabilité auxquelles les jouets doivent satisfaire, d’où l’utilisation de ces additifs, notamment dans les peluches, les poupées en tissu, les rembourrages, et certains plastiques.

Certains retardateurs de flamme bromés (PBDE – polybromodiphényléthers) sont des perturbateurs endocriniens reconnus qui peuvent perturber le fonctionnement du système hormonal et le développement du système nerveux. Des études ont montré des associations entre l’exposition aux PBDE et des troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant : difficultés d’apprentissage, troubles du comportement, baisse du quotient intellectuel.

Les PBDE les plus préoccupants sont interdits ou sévèrement restreints dans l’UE. Mais comme pour les phtalates et les bisphénols, le remplacement par des substances alternatives soulève ses propres questions sanitaires, certains substituts présentant des profils de toxicité similaires.

Un aspect peu connu : les retardateurs de flamme ne restent pas confinés dans le jouet. Ils migrent progressivement vers l’air ambiant et s’accumulent dans les poussières déposées au sol. Or les bébés et les jeunes enfants vivent au sol, respirent ces poussières, et portent leurs mains à la bouche après avoir joué par terre. L’exposition aux retardateurs de flamme passe ainsi par plusieurs voies simultanées : inhalation, ingestion de poussières, contact cutané.

Le formamide 

C’est une substance chimique volatile utilisée dans la fabrication de certaines mousses EVA (éthylène-vinyle-acétate), le matériau souple utilisé pour fabriquer les tapis-puzzles en mousse que beaucoup de parents posent au sol pour les bébés, ainsi que certains jouets en mousse.

Le formamide est classé substance reprotoxique par la réglementation européenne. Il peut également être irritant pour les voies respiratoires et les muqueuses. Les nourrissons posés directement sur des tapis en EVA contenant du formamide sont exposés par contact cutané et par inhalation des vapeurs dégagées par la mousse, notamment dans les premières semaines d’utilisation et dans les pièces peu ventilées.

Des campagnes de contrôle de la DGCCRF ont détecté du formamide dans des tapis-puzzles en EVA, entraînant des rappels produit. La recommandation des autorités sanitaires est d’aérer longuement les tapis en mousse neufs avant leur utilisation, ou de les placer à l’extérieur pendant plusieurs jours pour permettre le dégazage.

2. Les risques physiques des jouets en plastique

Au-delà des risques chimiques, les jouets en plastique présentent également des risques physiques qui méritent d’être mentionnés, car ils constituent une cause importante d’accidents liés aux jouets.

Le risque d’étouffement par ingestion de petits éléments

Les jouets en plastique se cassent souvent en petits fragments, particulièrement les plastiques de mauvaise qualité ou les assemblages mal conçus. Ces fragments constituent un risque d’étouffement réel pour les enfants de moins de 3 ans. La norme EN 71-1 impose des tests de résistance mécanique et interdit la présence de petits éléments dans les jouets pour moins de 3 ans, mais des jouets non conformes continuent à circuler sur le marché, notamment via les achats en ligne.

Le risque lié aux aimants

Les jouets contenant des aimants puissants peuvent provoquer des accidents graves si plusieurs aimants sont avalés simultanément : ils s’attirent à travers les parois intestinales, provoquant des perforations nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence. Ces accidents ont conduit à de nombreux rappels de produits.

Le risque de coupures et d’éclatements

Les plastiques de mauvaise qualité éclatent plutôt que de se fissurer progressivement, créant des arêtes tranchantes qui peuvent blesser les enfants. Un jouet en plastique dont la qualité de moulage est insuffisante ou dont les épaisseurs sont trop faibles est susceptible de se briser de façon dangereuse lors d’une chute ou d’un choc.

Le risque lié aux piles et composants électroniques

Les jouets en plastique contenant des piles boutons représentent un danger mortel en cas d’ingestion par un enfant. Une pile bouton avalée peut, en moins de 2 heures, provoquer des brûlures chimiques graves de l’œsophage, pouvant entraîner des séquelles permanentes ou le décès. Les compartiments à piles des jouets doivent être verrouillés par des vis et inaccessibles à l’enfant sans outil.

3. Les risques avec les jouets en plastique importés

Les données de contrôle du marché convergent vers un constat préoccupant : les jouets en plastique importés présentent significativement plus de non-conformités que les jouets fabriqués en Europe.

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) rapporte que les produits fabriqués hors de l’UE présentent environ 20 % de non-conformités chimiques, contre 11 % pour ceux fabriqués en Europe. En avril 2025, une question au Sénat français citait une non-conformité de 94 % des jouets contrôlés sur certaines places de marché en ligne, dont 66 % de produits dangereux.

Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : des normes de production moins exigeantes dans certains pays producteurs, un contrôle qualité insuffisant dans certaines usines asiatiques, l’utilisation de substances interdites en Europe pour des raisons de coût, et la difficulté à contrôler les flux de produits vendus directement aux consommateurs via des plateformes en ligne. Ce n’est pas une règle absolue, des fabricants asiatiques de qualité existent, mais c’est un facteur de risque supplémentaire que les parents doivent prendre en compte.

4. Nos conseils pour éviter les jouets en plastique dangereux

Vérifier impérativement le marquage CE et l’étiquetageLa présence du marquage CE sur un jouet est une condition nécessaire, pas suffisante, mais indispensable. Un jouet sans marquage CE ne doit pas être acheté pour un enfant. Ce marquage signifie que le fabricant atteste que le jouet satisfait aux exigences de la directive européenne 2009/48/CE, notamment les limites sur les phtalates, les bisphénols, les métaux lourds et l’inflammabilité.

Vérifiez également la présence du nom et de l’adresse du fabricant ou de l’importateur, des avertissements d’âge (« Attention, ne convient pas aux enfants de moins de 3 ans »), et d’une notice en français. L’absence de ces éléments est un signal d’alarme fort.

Préférer les jouets en plastique dur (PP, ABS, PE)Tous les plastiques ne se valent pas. Les plastiques durs et rigides, polypropylène (PP), polyéthylène (PE), ABS, contiennent généralement beaucoup moins d’additifs préoccupants que les plastiques souples. Les plastiques souples, PVC, vinyle, sont souvent plastifiés avec des phtalates pour être rendus flexibles, et présentent plus de risques de migration de substances. Un jouet dur et rigide, qui ne se déforme pas à la main, est généralement moins préoccupant du point de vue chimique qu’un jouet mou et souple, même si cette règle n’est pas absolue.

Être particulièrement vigilant sur les jouets en PVC mouAnneaux de dentition, figurines souples, jouets de bain en vinyle, balles en PVC : les plastiques souples sont ceux qui contiennent le plus fréquemment des phtalates et du bisphénol A. Pour les jouets que l’enfant porte systématiquement à la bouche, une vigilance accrue est recommandée. Recherchez des mentions « sans BPA », « sans phtalates » sur l’emballage, en sachant que ces mentions n’excluent pas d’autres substances préoccupantes, mais constituent déjà un engagement du fabricant.

Rechercher les jouets fabriqués en France ou en EuropeLes jouets fabriqués en France ou en Europe présentent statistiquement moins de non-conformités chimiques que les jouets importés d’Asie. Un fabricant européen est soumis à des contrôles plus fréquents, des normes de production plus strictes, et sa responsabilité est plus facilement engageable. La mention « fabriqué en France » ou le label Origine France Garantie constituent des garanties réelles. Les jouets en bois massif fabriqués en France, comme ceux de Chou du Volant en hêtre PEFC, offrent une alternative sans plastique pour les jouets de motricité et d’éveil. A lire aussi : Top 10 des marques de jouets exclusivement made in France

Consulter le site Rappel.conso avant un achatLe site rappel.conso.gouv.fr recense tous les rappels de produits (dont les jouets) notifiés aux autorités françaises. Avant d’acheter un jouet, surtout un jouet d’occasion ou un jouet acheté sur une marketplace en ligne, vérifier que le modèle concerné n’a pas fait l’objet d’un rappel pour non, conformité ou danger est un réflexe simple et très utile.

Laisser dégazer les jouets neufs avant utilisationUn jouet en plastique neuf dégage souvent des composés organiques volatils (COV) et d’autres résidus de fabrication. Avant de le remettre à votre enfant, ouvrez l’emballage et laissez le jouet quelques jours à l’air libre, dans une pièce bien ventilée. Ce conseil est particulièrement important pour les tapis en mousse EVA, les jouets en PVC mou et les grosses pièces en plastique dur. Pour les tapis-puzzles en mousse, certains professionnels de santé recommandent de les laisser à l’extérieur (ou sur un balcon) pendant plusieurs jours avant toute utilisation, afin de permettre l’évaporation maximale du formamide résiduel.

Éviter les jouets anciens et de seconde main en plastiqueLes anciens jouets en plastique, fabriqués avant les restrictions successives sur le BPA, les phtalates et les métaux lourds, peuvent contenir des concentrations de ces substances bien supérieures aux limites actuelles. Un jouet plastique de brocante ou de vide-grenier des années 1990-2000 n’est soumis à aucune des protections réglementaires actuelles. Pour les jouets en bois ou en métal anciens, la prudence s’impose également pour les peintures, qui peuvent contenir du plomb. Il convient aussi d’éviter les jouets pas chers.

Privilégier les jouets en bois massif certifié pour les tout-petitsPour les bébés et les enfants de moins de 3 ans, la tranche d’âge la plus vulnérable aux substances chimiques, et celle qui porte le plus les jouets à la bouche, les jouets en bois massif naturel non traité ou fini avec des huiles naturelles constituent l’alternative la plus sûre aux jouets en plastique. Le bois massif ne contient pas de plastifiants, ni de bisphénols, ni de phtalates, ni de retardateurs de flamme synthétiques.

Chez Chou du Volant, nous fabriquons en France nos porteurs bébé, bascules, draisiennes et tentes de jeu en hêtre massif certifié PEFC, fini avec des peintures testées sans substances nocives par Bureau Veritas. Ils ont été déclarés parfaitement conformes à la réglementation EN 71 et REACH, sans phtalates, sans métaux lourds, sans perturbateurs endocriniens.

Ne pas multiplier inutilement les jouets en plastiqueL’exposition chimique est cumulative : plus l’enfant est entouré de nombreux jouets en plastique, plus le nombre de sources d’exposition potentielles est élevé. Réduire la quantité totale de jouets en plastique dans l’environnement de l’enfant, en les remplaçant par du bois, du métal, du tissu certifié, réduit mécaniquement l’exposition globale, même si chaque jouet pris individuellement est conforme.

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5. Pourquoi les jeunes enfants sont-ils plus vulnérables que les adultes ?

Il est essentiel de comprendre pourquoi les enfants, et en particulier les bébés et les tout-petits, sont beaucoup plus sensibles aux substances chimiques contenues dans les jouets que les adultes.

Une peau plus perméable. La peau des nourrissons et des jeunes enfants est significativement plus fine et plus perméable que celle des adultes. Les substances chimiques présentes en surface d’un jouet peuvent traverser la barrière cutanée plus facilement, notamment lorsqu’il est manipulé de façon prolongée.

Le comportement oral des bébés. Les enfants de moins de 2 ans portent quasi-systématiquement leurs jouets à la bouche. Cette voie d’exposition, ingestion par contact salivaire, est particulièrement préoccupante pour les substances chimiques qui migrent facilement dans la salive, comme les phtalates et le bisphénol A. Un bébé qui suce un anneau de dentition en plastique souple ou qui mâchonne un coin de poupée est en exposition directe et prolongée.

Des systèmes biologiques encore en formation. Le système nerveux, le système endocrinien (hormonal), le système immunitaire et les organes vitaux (foie, reins) sont en plein développement chez le jeune enfant. Ils sont beaucoup plus sensibles aux interférences chimiques. Certains effets des perturbateurs endocriniens sur le développement ne se manifestent que des années après l’exposition, ce qui rend le lien de cause à effet difficile à établir et les risques difficiles à quantifier dans la vie quotidienne.

Un rapport poids/exposition défavorable. Un enfant de 10 kg ingère, proportionnellement à son poids corporel, une quantité de substance chimique beaucoup plus importante qu’un adulte de 70 kg exposé à la même source. Les valeurs limites réglementaires tiennent compte de ce facteur, mais les études d’exposition réelle montrent que les enfants restent fréquemment dans des zones de préoccupation, surtout face à des expositions multiples simultanées.

La durée d’exposition cumulée. Un enfant joue avec les mêmes jouets jour après jour, pendant des mois ou des années. Cette exposition répétée et prolongée est très différente d’une exposition ponctuelle, même à des concentrations basses individuellement, l’effet cumulatif peut devenir significatif.

Les jouets en plastique ne sont évidemment pas tous dangereux, mais leur composition chimique est suffisamment complexe pour justifier une vigilance active de la part des parents. En particulier pour les bébés et les enfants de moins de 3 ans qui constituent la population la plus exposée et la plus vulnérable. 

La réglementation européenne a progressé et a permis d’éliminer les cas les plus graves, mais elle ne couvre pas l’intégralité des substances potentiellement nocives présentes dans les plastiques. Les jouets importés hors de l’UE, en particulier ceux vendus sur des plateformes en ligne, présentent un risque de non-conformité significativement plus élevé.

Les conseils pratiques présentés dans cet article, privilégier le plastique dur, éviter le PVC souple pour les tout-petits, vérifier le marquage CE, consulter Rappel.conso, laisser dégazer les jouets neufs, permettent de réduire concrètement l’exposition de votre enfant. Et pour les jouets d’éveil et de motricité des premières années de vie, les alternatives en bois massif certifié restent la solution la plus sûre du point de vue de la santé (Cf. notre article sur les jouets dangereux).

6. Questions fréquentes sur les dangers des jouets plastiques

Les jouets en plastique vendus en France sont-ils tous dangereux ? Non, pas tous. Ceux ayant le marquage CE et conformes aux normes EN 71 et REACH respectent les valeurs limites réglementaires en vigueur pour les substances les plus préoccupantes. Cependant, la réglementation ne couvre pas l’intégralité des substances chimiques potentiellement nocives présentes dans les plastiques. Le risque zéro n’existe pas, mais il peut être significativement réduit en choisissant des jouets conformes, fabriqués en Europe, et en évitant les jouets en PVC souple pour les enfants qui portent tout à la bouche.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien et pourquoi est-il dangereux pour un bébé ? C’est une substance chimique qui interfère avec le système hormonal (endocrinien) de l’organisme, en imitant ou en bloquant l’action des hormones naturelles. Chez un bébé, dont le système endocrinien est en plein développement, cette interférence peut avoir des effets particulièrement graves : perturbations du développement du système reproducteur, effets sur le développement neurologique, perturbations métaboliques. Les effets peuvent ne se manifester que des années après l’exposition, ce qui rend leur lien de cause à effet difficile à établir.

Les jouets « sans BPA » sont-ils vraiment sûrs ? La mention « sans BPA » signifie que le bisphénol A n’a pas été utilisé dans la fabrication, c’est un progrès. Mais le bisphénol A peut avoir été remplacé par d’autres bisphénols (BPS, BPF, BPB) dont certains présentent des propriétés hormonales similaires. La mention « sans BPA » ne garantit donc pas l’absence de perturbateurs endocriniens. Elle est néanmoins préférable à son absence.

À quel âge les enfants sont-ils les plus vulnérables aux substances chimiques des jouets ? Les enfants de moins de 3 ans constituent la population la plus vulnérable, pour plusieurs raisons cumulées : ils portent systématiquement les jouets à la bouche (exposition par voie orale), leur peau est plus perméable, leurs systèmes biologiques sont en développement intense, et leur rapport poids/exposition est plus défavorable. La vulnérabilité se poursuit pendant toute la petite enfance et une vigilance reste recommandée jusqu’à l’adolescence pour les substances perturbant le développement hormonal.

Peut-on laver les jouets en plastique pour éliminer les substances nocives ? Le lavage peut éliminer les résidus de surface, mais il n’élimine pas les substances chimiques incorporées dans la masse du plastique. Certaines substances migrent progressivement depuis l’intérieur du matériau vers la surface au fil du temps, le lavage réduira temporairement leur concentration en surface, mais pas dans le matériau lui-même. La seule façon de réduire l’exposition est de choisir des jouets en plastique contenant moins de ces substances dès le départ.

Comment savoir si un jouet en plastique a été rappelé ? Consultez le site officiel rappel.conso.gouv.fr qui recense tous les rappels de produits notifiés aux autorités françaises, y compris les jouets retirés pour non-conformité ou danger. Le système européen RAPEX (Safety Gate) recense également les rappels à l’échelle européenne. Avant tout achat d’un jouet que vous ne connaissez pas bien, notamment sur une marketplace en ligne, une vérification sur ces plateformes est une bonne pratique.

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