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Le blog sur les jouets de Chou du Volant

Les dangers des jouets sexistes et stéréotypés pour les enfants

En France, la majorité des jouets présentés dans les catalogues de Noël sont encore aujourd’hui explicitement destinés, soit à une petite fille, soit à un petit garçon. Derrière ce constat se cache une réalité bien plus inquiétante : les jouets sexistes ne sont pas anodins. Ils façonnent la vision du monde, les compétences et les ambitions de votre enfant bien avant l’entrée à l’école primaire. Alors, qu’est-ce qu’un jouet genré ? Pourquoi ces stéréotypes sont-ils dangereux ? Et surtout, comment les éviter ? Ce guide complet vous donne toutes les réponses sur les jouets sexistes.

1. Jouets sexistes

Qu’est-ce que c’est ?

Appelé aussi jouet genré ou jouet stéréotypé, c’est un objet de jeu conçu, fabriqué ou présenté de manière à cibler exclusivement les filles ou les garçons, en s’appuyant sur des stéréotypes de genre. Ce n’est pas le jouet en lui-même qui est problématique, mais la manière dont il est présenté, coloré, emballé et vendu. Concrètement, un jouet sexiste, c’est : Un kit de cuisine ou une poupée poupon systématiquement rose, placé en rayon « filles ». Un camion de pompier ou une boîte à outils toujours bleue, réservé aux « garçons ». Des publicités qui ne montrent que des filles qui cuisinent et des garçons qui construisent. Des catalogues divisés en deux univers couleur pastel vs. couleur primaire. Le jouet sexiste crée ainsi une frontière artificielle dans l’imaginaire de l’enfant qui a des conséquences profondes et durables.

Un jouet n’est pas sexiste par nature. Une poupée, un camion, un kit de sciences ou une dînette peuvent tous être des outils de développement formidables, pour tous les enfants. C’est leur présentation genrée qui pose problème.

Comment les jouets sont devenus genrés ?

Contrairement à une idée reçue, la séparation marquée des jouets selon le sexe est un phénomène relativement récent. Dans les catalogues des années 1930 ou même des années 1970, les enfants jouaient souvent avec les mêmes objets, quelle que soit leur appartenance de genre. Les publicités de l’époque montraient volontiers un garçon avec une dînette ou une fille avec un camion.

C’est au début des années 1990 que la situation a radicalement changé. Les fabricants de jouets ont alors compris qu’en segmentant leurs gammes selon le sexe, ils pouvaient multiplier leurs ventes par deux : fini les jouets qui se transmettent d’un enfant à l’autre au sein d’une fratrie. Désormais, un jouet « fille » ne peut plus être offert au frère, et vice-versa. Les familles rachètent. Le chiffre d’affaires explose. Cette segmentation commerciale a été si efficace qu’elle s’est totalement normalisée. Aujourd’hui, elle est perçue comme naturelle, évidente, alors qu’elle est avant tout une stratégie marketing au service des fabricants de jouets, pas au service des enfants.

La prise de conscience est néanmoins progressive. Le Sénat français a publié un rapport recommandant dix mesures en faveur de la mixité dans le jeu. Des enseignes comme Toys’R’Us ou FNAC ont commencé à supprimer les rayons « filles » et « garçons » de leurs magasins. La lutte contre les stéréotypes de genre dans le jouet est désormais un enjeu public reconnu.

Quelles sont les attentes sociétales envers les filles et les garçons ?

Avant même de parler des jouets, il faut comprendre le terrain sur lequel ils s’implantent : notre société entretient des attentes différentes et inégales envers les filles et les garçons. Pour une petite fille, on valorise : la douceur, la gentillesse, la bienveillance, le soin aux autres, le goût de l’esthétique, la discrétion, la serviabilité. Pour un petit garçon, on valorise : la force, l’action, le courage, la compétition, l’indépendance, la prise de risque, le leadership.

Ces attentes ne sont pas neutres. Elles conditionnent la façon dont les adultes parlent aux enfants, les habillent, les encouragent… et les jouets qu’ils leur achètent. Les jouets sexistes viennent renforcer et amplifier ces attentes dès les premières années de vie. Dès la maternelle, l’enfant n’a pas encore pleinement intégré ce que signifie « être une fille » ou « être un garçon » dans notre société. C’est précisément à cet âge que les jouets genrés exercent le plus d’influence sur la construction de l’identité de genre. Pour en savoir plus sur comment les jouets influencent le développement de l’enfant, consultez nos articles sur l’éveil et le développement de l’enfant.

une fillette avec des jouets poupée et berceau

2. Les effets négatifs des jouets stéréotypés sur le développement de l’enfant

Les jouets genrés créent des univers de jeu séparés

Ils empêchent les enfants de se rencontrer. L’une des conséquences les plus immédiates et les plus visibles des jouets sexistes est la ségrégation des espaces de jeu. Les filles sont orientées vers des jeux d’intérieur, calmes, centrés sur la sphère domestique (cuisine, bébé, beauté). Les garçons vers des jeux d’extérieur, d’action, de compétition, de construction. Ces univers ne se croisent pas. Or, c’est précisément dans les espaces de jeu partagés que les enfants apprennent à se comprendre, à coopérer, à dépasser leurs différences. En séparant les enfants dès le plus jeune âge dans des espaces ludiques distincts, les jouets genrés réduisent les chances de vivre ensemble et préparent mal les adultes de demain à fonctionner dans des équipes mixtes.

Les jouets sexistes impactent direct l’identité sociale des enfants

Le jeu est le principal moyen de socialisation de l’enfant. C’est à travers lui qu’il intériorise les normes, les valeurs, les rôles sociaux. Les jouets sont donc bien plus que des objets de divertissement : ils sont des outils de construction identitaire. Quand une petite fille reçoit systématiquement des poupées et des kits de maquillage, elle intègre que son rôle naturel est la maternité, la beauté et le soin. Quand un petit garçon reçoit systématiquement des voitures, des super-héros et des outils, il intègre que son rôle est l’action, la technique et la domination. Ces représentations s’ancrent profondément, souvent à l’insu de l’enfant, et des parents eux-mêmes. Notre article sur les bénéfices du jeu d’imitation pour le bébé explique comment les enfants construisent leur rapport au monde à travers l’imitation, et donc combien les modèles qu’on leur propose importent.

Les jouets sexistes ont des effets sur l’estime de soi

Les jouets influencent directement l’estime de soi des enfants et leurs aspirations futures. Un garçon qui joue à l’astronaute ou au scientifique développe naturellement des représentations positives de ces métiers pour lui. Une fille à qui l’on propose exclusivement des personnages de caissière, de coiffeuse ou d’hôtesse de l’air ne se verra pas spontanément dans le rôle de médecin ou d’ingénieure. C’est le paradoxe du catalogue : dans les jouets, les hommes sont très majoritairement représentés comme médecins, alors que dans les facultés de médecine françaises, les femmes sont aujourd’hui majoritaires. Les représentations transmises par les jouets sexistes sont en décalage total avec la réalité sociale.

deux jeunes garçons jouant avec des voitures miniatures

3. Les jouets genrés impactent négativement la réussite scolaire

Les jouets ne sont pas que des symboles culturels. Ils sont aussi des outils d’apprentissage. Et les compétences que développe un enfant dépendent directement des jouets avec lesquels il joue. Les jouets typiquement « masculins », construction, mécanique, sciences, sport collectif, stimulent : la pensée spatiale et logique, la résolution de problèmes, l’esprit d’équipe, la prise de risque calculée, la créativité technique. Les jouets typiquement « féminins », poupées, accessoires de beauté, dînette, stimulent davantage : la communication verbale, l’empathie et le soin, les relations interpersonnelles, et certaines formes de créativité esthétique.

Ces deux ensembles de compétences sont bien sûr toutes précieuses. Le problème est que lorsque les jouets genrés enferment chaque sexe dans un seul registre, certaines compétences restent non développées. Les filles sont sous-exposées aux stimulations qui développent la pensée spatiale et logique, pourtant essentielles dans les filières scientifiques et technologiques. Les garçons sont sous-exposés aux jouets qui développent l’empathie et la communication, pourtant essentielles dans la vie affective et professionnelle.

4. Les jouets sexistes créent des inégalités professionnelles

On pourrait penser que le lien entre le jouet d’un enfant de 3 ans et sa carrière professionnelle à 30 ans est trop faible pour être pris au sérieux. Les jouets sexistes contribuent à créer et à perpétuer des inégalités de représentation dans les métiers. En valorisant systématiquement des personnages masculins dans les rôles de pompier, policier, médecin, aventurier, scientifique, et des personnages féminins dans les rôles de caissière, infirmière, esthéticienne ou secrétaire, les jouets genrés installent très tôt des représentations des « métiers de filles » et des « métiers de garçons ».

Ces représentations influencent ensuite les orientations scolaires, les choix de filière et, in fine, les carrières professionnelles. Le sexisme dans les jouets est ainsi l’un des premiers maillons d’une chaîne qui conduit aux inégalités salariales, au plafond de verre, et à la sous-représentation des femmes dans les postes à responsabilité. Pour aller plus loin sur la responsabilité des acteurs du marché du jouet, lisez notre article sur les responsabilités des fabricants de jouets pour enfant.

5. Comment identifier et éviter les jouets sexistes ?

En tant que parent, il n’est pas toujours simple d’identifier un jouet sexiste. Quelques indicateurs à surveiller : La couleur : un jouet exclusivement rose ou exclusivement bleu sans raison fonctionnelle devrait vous alerter. Le packaging : les illustrations sur la boîte ne montrent-elles qu’un seul genre ? Le nom du jouet : « Cuisine de princesse », « Établi de champion »… ces appellations révèlent une intention de ciblage. Le rayon en magasin : sa position dans le magasin dit souvent beaucoup de son positionnement. Quelques bonnes pratiques pour des cadeaux plus équilibrés. A lire aussi : Comment choisir un bon jouet de qualité pour votre enfant ?

Voici quelques principes simples pour choisir des jouets moins stéréotypés : Offrez à votre fille des jouets de construction, de science ou de mobilité (porteurs bébé, draisiennes). Offrez à votre garçon des jeux qui développent l’empathie, le soin, la communication. Choisissez des jouets aux couleurs neutres ou variées (bois naturel, multicolore). Observez les intérêts réels de votre enfant plutôt que les prescriptions des catalogues. Discutez avec votre enfant des stéréotypes qu’il observe dans ses jouets et ses publicités préférées. A lire aussi : Comment choisir un jouet en bois de qualité ?

un porteur quad en bois made in france de couleur rouge

Porteur Quad

209 euros

Les jouets sexistes sont le produit de choix commerciaux, culturels et politiques qui peuvent évoluer, et qui évoluent déjà, grâce à la prise de conscience croissante des parents, des éducateurs et des décideurs. En tant que parent, vous avez le choix des jouets que vous offrez à votre enfant. Choisir des jouets mixtes, c’est lui offrir une gamme plus large de compétences, d’aspirations et de représentations. C’est lui dire que sa place dans le monde n’est pas définie par son genre, mais par ses passions, ses talents et ses ambitions.

Chez Chou du Volant, nous concevons des jouets en bois fabriqués en France, pour tous les enfants, sans distinction. Nos porteurs bébé, tentes de jeu et jouets par univers sont pensés pour stimuler la curiosité, l’imagination et le développement de chaque enfant, fille ou garçon, dans un esprit d’égalité et de liberté de jeu. Chez Chou du Volant, fabricant français de jouets design et responsables, nous croyons profondément que le jeu doit être un espace de liberté, d’exploration et d’égalité des chances pour chaque enfant, fille ou garçon. Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter notre blog dédié aux jouets, au développement de l’enfant et à l’éveil.

6. FAQ : vos questions sur les jouets sexistes

Qu’est-ce qu’un jouet sexiste ou genré ? Un jouet sexiste (ou genré) est un jouet conçu, présenté ou commercialisé de façon à cibler exclusivement les filles ou les garçons, en s’appuyant sur des stéréotypes de genre (couleur, packaging, nom, mise en rayon). Ce n’est pas le jouet en lui-même qui pose problème, mais la manière dont il est genré.

Pourquoi les jouets sont-ils devenus genrés dans les années 1990 ? Les fabricants ont compris qu’en séparant les gammes par sexe, ils empêchaient la transmission des jouets entre frères et sœurs, obligeant les familles à racheter deux fois plus de produits. Cette stratégie commerciale s’est progressivement normalisée.

Quels sont les effets des jouets sexistes sur le développement de l’enfant ? Ils créent des univers de jeu séparés, renforcent des identités sociales figées, et limitent le développement de certaines compétences (spatiales et logiques pour les filles, empathie et communication pour les garçons).

Les jouets sexistes ont-ils un impact sur la réussite scolaire ? Oui. Les jouets dits « masculins » stimulent la pensée spatiale et logique, tandis que les jouets dits « féminins » développent la communication et l’empathie. Enfermer chaque sexe dans un seul registre prive les enfants de compétences essentielles à leur scolarité.

Les jouets genrés influencent-ils les choix de carrière plus tard ? Oui, en valorisant certains métiers pour les garçons (pompier, scientifique) et d’autres pour les filles (esthéticienne, secrétaire), les jouets sexistes participent à la construction de représentations professionnelles genrées, qui influencent ensuite l’orientation scolaire et les inégalités salariales.

Comment reconnaître un jouet sexiste en magasin ou en ligne ? Quatre indices à surveiller : une couleur exclusivement rose ou bleue sans raison fonctionnelle, un packaging montrant un seul genre, un nom orienté (« cuisine de princesse », « établi de champion ») et son positionnement dans un rayon genré.

Est-ce que tous les jouets roses sont sexistes ? Non. Le problème n’est pas la couleur rose en soi mais la systématisation : quand tous les jouets pour filles sont roses et tous ceux pour garçons sont bleus, cela crée une ségrégation artificielle. Un jouet rose non genré à la vente n’est pas problématique.

Mon fils veut jouer à la poupée, est-ce que je dois l’encourager ? Oui, sans hésitation. Le jeu de poupée développe l’empathie, le soin aux autres et la communication affective, des compétences universellement précieuses, quel que soit le sexe de l’enfant.

À partir de quel âge les enfants intègrent-ils les stéréotypes de genre ? Dès 2-3 ans, les enfants perçoivent les catégorisations de genre autour d’eux, et dès 3-4 ans ils peuvent déjà exprimer des préférences influencées par ces stéréotypes. D’où l’importance de choisir des jouets non genrés dès la naissance.

Quels jouets choisir pour éviter les stéréotypes de genre ? Privilégiez les jouets aux couleurs neutres (bois naturel, multicolore), les jouets de construction, de science ou de mobilité pour toutes et tous, et observez les intérêts réels de votre enfant plutôt que les recommandations des catalogues.

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