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Réglementation des jouets pour enfant : Les informations à connaître

La sécurité des jouets pour enfants en Europe est encadrée par un dispositif réglementaire parmi les plus exigeants au monde : textes de loi, normes techniques contraignantes, procédures de certification, contrôles officiels et sanctions pénales. Derrière chaque jouet vendu légalement sur le marché européen se cache un processus rigoureux que la plupart des parents ignorent. Cet article vous explique en détail la réglementation des jouets pour enfants.

1. La réglementation des jouets

Elle désigne l’ensemble des textes juridiques (directives européennes, lois nationales, décrets, règlements techniques) qui encadrent la conception, la fabrication, la mise sur le marché et la commercialisation de tout produit destiné au jeu des enfants. Son objectif premier est simple : garantir qu’aucun jouet vendu dans l’Union européenne ne présente de risque pour la santé ou la sécurité des enfants qui l’utilisent.

Cette réglementation est obligatoire. Ce n’est pas une démarche volontaire, ni un simple cahier des charges de bonnes pratiques. Toute mise sur le marché d’un jouet non conforme constitue une infraction passible de sanctions administratives et pénales pouvant aller jusqu’à la fermeture d’établissement et des amendes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Il est fondamental de distinguer trois notions souvent confondues :

La réglementation est le cadre légal imposé par les pouvoirs publics (Commission européenne, Parlement européen, États membres). Elle fixe les objectifs à atteindre : absence de risque mécanique, chimique, électrique, thermique pour les enfants.

Les normes techniques (EN71, ISO) sont les documents qui précisent comment atteindre ces objectifs. Les normes dites « harmonisées » jouent un rôle crucial : leur respect permet de présumer la conformité aux exigences réglementaires. Elles sont élaborées par le CEN (Comité Européen de Normalisation) et publiées en France par l’AFNOR.

Les labels (PEFC, FSC, Origine France Garantie, GOTS, OEKO-TEX…) sont des démarches volontaires qui vont au-delà de la réglementation pour attester de caractéristiques supplémentaires : origine géographique, impact environnemental, qualité des matières premières. Un jouet sans label peut être parfaitement conforme à la réglementation. Un jouet avec des labels doit l’être aussi. A lire aussi : Quels labels écologiques pour les jouets des enfants 

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2. La directive européenne 2009/48/CE

La directive 2009/48/CE du Parlement européen et du Conseil, adoptée le 18 juin 2009 et entrée en vigueur le 20 juillet 2011, constitue la référence de la réglementation européenne des jouets. Elle remplace l’ancienne directive 88/378/CEE, devenue insuffisante face à l’évolution des produits, des matériaux et des connaissances toxicologiques. En France, cette directive a été transposée dans le droit national par le décret n°2010-166 du 22 février 2010, modifiant le Code de la consommation. Elle s’applique de manière identique dans les 27 États membres de l’Union européenne, ce qui garantit une libre circulation des jouets conformes sur l’ensemble du marché intérieur.

Pourquoi cette directive représente-t-elle une avancée majeure ? Par rapport à son prédécesseur, la directive 2009/48/CE a considérablement renforcé plusieurs domaines : Elle introduit des restrictions chimiques beaucoup plus strictes, notamment sur les métaux lourds et les substances allergisantes. Elle renforce les exigences mécaniques, en particulier pour les jouets destinés aux enfants de moins de 36 mois. Elle étend le champ d’application aux jouets fonctionnels (jouets électroniques, jouets à pile, jouets interactifs). Elle responsabilise de manière bien plus explicite non seulement les fabricants, mais aussi les importateurs et distributeurs. Elle impose des obligations documentaires plus grandes, avec un dossier technique à conserver pendant dix ans.

La directive couvre six domaines de sécurité : propriétés mécaniques et physiques, inflammabilité, propriétés chimiques, propriétés électriques, hygiène, et radioactivité. Elle est régulièrement mise à jour par voie de décisions et de règlements délégués pour intégrer les nouvelles connaissances scientifiques.

3. Quels produits sont concernés par la réglementation ?

La directive 2009/48/CE s’applique à tout produit conçu ou manifestement destiné à être utilisé à des fins de jeu par des enfants de moins de 14 ans. Cette définition est intentionnellement large pour éviter les contournements réglementaires. Sont notamment soumis à la réglementation : les jouets pour bébés et jeunes enfants (hochets, mobiles bébé, porteurs en bois, bascules, draisiennes), les jeux de société et puzzles, les jouets en peluche et poupées, les jouets électroniques et connectés, les déguisements et accessoires de jeu de rôle, les jeux de construction, les tentes de jeu et tipis pour enfants, les véhicules jouets et jouets de mobilité.

La directive prévoit également des exclusions explicites : les équipements de terrain de jeux publics (régis par la norme EN 1176), les jouets destinés exclusivement à une utilisation collective dans des espaces publics, certains dispositifs décoratifs pour fêtes et célébrations, les produits destinés aux collectionneurs adultes, ou encore les vélos dont la vitesse maximale dépasse les seuils fixés. Pour ces produits, d’autres cadres réglementaires spécifiques s’appliquent.

4. Les normes techniques EN71

Les normes EN71 sont les normes harmonisées européennes qui traduisent concrètement les exigences de la directive 2009/48/CE en critères mesurables et testables. Leur respect déclenche une présomption de conformité aux exigences essentielles correspondantes. La série EN71 compte aujourd’hui treize parties, dont voici les principales.

EN71-1 : Propriétés mécaniques et physiques. C’est la norme de référence pour tous les risques d’ordre physique. Elle définit les exigences concernant l’absence de petits éléments détachables susceptibles d’être ingérés par des enfants de moins de 36 mois (le test du cylindre dit « petit objet » simule la gorge d’un enfant de cet âge), l’absence de bords tranchants et de pointes accessibles, la résistance mécanique du jouet soumis à des tests de chute, torsion, traction et compression reproduisant des conditions d’utilisation réelles, la stabilité des jouets porteurs bébé et des bascules, et la résistance des cordons et élastiques pour prévenir les risques d’étranglement.

Pour nos jouets de mobilité fabriqués en France, les tests EN71-1 incluent notamment des épreuves de charge statique et dynamique sur les roues, les essieux et les structures mobiles.

EN71-2 : Inflammabilité. Cette norme classe les matériaux constitutifs des jouets selon leur comportement au feu et fixe des critères stricts de résistance à la flamme. Elle est particulièrement exigeante pour les déguisements, les jouets en mousse, les jouets en textile et les peluches, qui sont directement en contact avec le corps de l’enfant.

EN71-3 : Migration des éléments chimiques. La norme EN71-3 définit les limites maximales de migration de 19 éléments chimiques potentiellement dangereux dans les matériaux accessibles des jouets : plomb (Pb), cadmium (Cd), baryum (Ba), chrome (Cr), antimoine (Sb), sélénium (Se), arsenic (As), mercure (Hg), étain (Sn) organique, entre autres. Elle a été significativement renforcée. Les limites pour les jouets destinés aux enfants de moins de 36 mois sont les plus strictes.

EN71-4 et EN71-5. Ces normes encadrent respectivement les équipements pour activités chimiques (kits de chimie, microscopes avec produits…) et les autres jouets chimiques. Elles fixent des listes de substances autorisées, interdites ou soumises à restrictions pour les produits pouvant être manipulés directement par les enfants.

EN71-6 : Cette norme définit les dimensions, proportions et conditions d’utilisation du symbole graphique standardisé « Ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois ». Sa présence sur le jouet et l’emballage est obligatoire dès lors que l’analyse des risques identifie un danger pour cette tranche d’âge.

EN71-7 : Peintures au doigt. Elle fixe les exigences relatives aux peintures destinées à être appliquées directement avec les mains par de jeunes enfants, avec des critères très stricts sur l’absence de substances toxiques et allergisantes.

EN71-8 : Jouets d’activité à usage domestique. Cette norme concerne les structures de jeu à usage domestique : toboggans, balançoires, trampolines de petite taille, portiques. Elle définit des exigences de résistance structurelle, de stabilité et de sécurité des points de fixation.

5. Le règlement REACH et les substances chimiques dans les jouets

En complément des normes EN71, le règlement européen REACH (CE n°1907/2006) impose des restrictions supplémentaires sur les substances chimiques extrêmement préoccupantes. Il s’applique à tous les produits de consommation, jouets inclus.

Les substances les plus surveillées dans le contexte des jouets sont les phtalates (plastifiants utilisés dans les PVC souples, perturbateurs endocriniens avérés), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), cancérogènes présents dans certains caoutchoucs et plastiques noirs, les formaldéhydes, présents dans certains bois agglomérés et colles, les colorants azoïques dans les textiles, les perturbateurs endocriniens de la liste SVHC, régulièrement mise à jour par l’ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques).

Chez Chou du Volant, l’ensemble de notre gamme de jouets en bois fabriqués en France a été analysé selon les normes EN71-1, EN71-2, EN71-3 et les restrictions REACH. Aucun phtalate, aucun HAP, aucun métal lourd, aucun perturbateur endocrinien n’a été détecté. Les rapports d’essais complets réalisés par Bureau Veritas sont disponibles sur notre page dédiée à la sécurité et conformité de nos jouets.

6. Les obligations légales des fabricants de jouets

La directive 2009/48/CE distingue clairement trois types d’opérateurs économiques et leur attribue des obligations spécifiques : les fabricants, les importateurs et les distributeurs. Voici ce que la loi impose à chacun.

Obligations des fabricants

Le fabricant est le premier responsable de la conformité de son jouet. Ses obligations sont les plus lourdes de la chaîne.

Intégrer la conformité dès la conception. La sécurité ne se vérifie pas après coup : elle doit être pensée dès les premières esquisses du produit. Le choix des matériaux, des assemblages, des peintures et des finitions conditionne l’ensemble des résultats d’essais futurs.

Réaliser une analyse des risques documentée. Avant toute commercialisation, le fabricant doit évaluer tous les risques potentiels liés à son jouet : risques mécaniques, chimiques, électriques, thermiques, microbiologiques. Cette analyse doit prendre en compte le comportement prévisible des enfants, y compris le jeu abusif ou non conforme à l’usage prévu.

Constituer et conserver un dossier technique pendant dix ans. Ce dossier doit inclure : la description complète du jouet et de ses composants, les plans et schémas de fabrication, la liste des normes appliquées, les rapports d’essais et leurs résultats, l’analyse des risques réalisée, et la déclaration de conformité UE.

Rédiger une déclaration de conformité UE. Ce document officiel, rédigé dans la langue du pays de commercialisation, engage la responsabilité personnelle du fabricant. Il atteste que le jouet satisfait à toutes les exigences applicables de la directive 2009/48/CE.

Apposer le marquage CE. Le marquage CE doit figurer sur le jouet ou sur son emballage de manière visible, lisible et indélébile.

Informer immédiatement les autorités en cas de risque. Dès qu’un fabricant a connaissance qu’un jouet déjà commercialisé présente un risque pour la sécurité, il est légalement tenu d’en informer sans délai les autorités nationales compétentes et, si nécessaire, d’organiser un rappel de produit.

Obligations des importateurs

L’importateur, c’est-à-dire toute personne établie dans l’UE qui met sur le marché un jouet fabriqué dans un pays tiers, assume une responsabilité proche de celle du fabricant. Il doit s’assurer que le fabricant a accompli ses obligations, vérifier la présence et la conformité du marquage CE, s’assurer que le dossier technique est disponible, et apposer ses propres coordonnées sur le jouet ou l’emballage. Un importateur qui met sur le marché un jouet non conforme peut être poursuivi au même titre qu’un fabricant.

Obligations des distributeurs

Le distributeur (grossiste, détaillant, e-commerçant) a l’obligation de vérifier que les jouets qu’il commercialise portent le marquage CE et les avertissements requis. Il ne peut pas commercialiser un jouet dont il sait ou est en droit de présumer qu’il n’est pas conforme. En cas de doute, il doit saisir l’importateur ou le fabricant.

7. L’évaluation de la conformité d’un jouet

L’évaluation de la conformité est le processus par lequel le fabricant démontre que son jouet respecte les exigences de la directive. Deux voies sont possibles.

L’auto-certification interne. Le fabricant réalise lui-même, via ses propres services techniques, les contrôles et essais nécessaires. Cette approche est autorisée par la directive pour les jouets dont les risques sont maîtrisables en interne. Elle suppose des équipements spécifiques, des compétences pointues et une rigueur absolue dans la documentation. En cas de contrôle par les autorités, la qualité du dossier d’auto-certification sera scrutée à la loupe.

Le recours à un organisme notifié. Le fabricant confie l’évaluation à un organisme notifié : un laboratoire indépendant accrédité par les autorités publiques d’un État membre pour réaliser ces essais. Cette voie est obligatoire pour certaines catégories de jouets présentant des risques plus élevés. Elle est systématiquement recommandée pour tous les jouets, car elle garantit une indépendance totale et une rigueur maximale.

En France, l’accréditation des organismes notifiés est délivrée par le COFRAC (Comité Français d’Accréditation). Les organismes les plus reconnus en Europe sont Bureau Veritas, SGS, TÜV Rheinland, Intertek et le LCIE.

Chez Chou du Volant, nous avons délibérément choisi de confier l’intégralité de nos essais à Bureau Veritas (laboratoire de Villeneuve-d’Ascq), organisme notifié indépendant, sans lien capitalistique avec notre entreprise. Ce choix reflète notre engagement à offrir les garanties les plus solides aux familles qui nous font confiance pour leurs porteurs bébé, leurs draisiennes en bois et leurs tentes tipis de jeu. A lire aussi : Porteur bébé : Les règles de sécurité essentielles à connaître

Un programme d’essais de conformité pour un jouet de mobilité couvre typiquement plusieurs dizaines de paramètres : résistance mécanique des assemblages (tests de chute, torsion, arrachement), vérification de l’absence de petits éléments détachables, contrôle des bords et des points saillants, résistance des roues et des axes, comportement au feu de chaque matériau constitutif, analyse chimique de chaque composant (peintures, vernis, plastiques, bois, métaux, textiles), et vérification complète des mentions et avertissements figurant sur l’emballage. A lire aussi : Bascule bébé : Les précautions pour éviter les accidents

8. Le marquage CE

Qu’est ce que c’est ? Le marquage CE (pour Conformité Européenne) est le symbole réglementaire qui atteste qu’un jouet répond aux exigences de la directive 2009/48/CE. Il doit être apposé de manière visible, lisible et indélébile avant toute mise sur le marché dans l’Union européenne. Le marquage CE n’est ni un label de qualité, ni une certification délivrée par un tiers, ni un signe attestant une fabrication européenne. C’est un marquage auto-déclaratif qui engage la responsabilité civile et pénale du fabricant. En l’apposant, le fabricant déclare avoir effectué toutes les vérifications requises.

La confusion CE européen / CE China Export. Il existe une confusion visuelle volontairement entretenue par certains exportateurs entre le logo CE (Conformité Européenne) et le logo CE (China Export). Ces deux sigles sont graphiquement très proches. La différence réside dans l’espacement entre les lettres C et E : dans le logo Conformité Européenne, l’écartement est légèrement plus large. Dans le logo China Export, les lettres sont resserrées.

Un jouet portant le logo China Export à la place du logo Conformité Européenne n’a pas nécessairement été soumis aux tests requis par la directive européenne. Il peut présenter des risques sérieux pour votre enfant. Cette confusion est l’un des vecteurs les plus fréquents de non-conformité sur les plateformes de vente en ligne généralistes.

Ce que le marquage CE ne garantit pas. Les autorités publiques ne vérifient pas systématiquement chaque jouet avant sa mise sur le marché : le contrôle est principalement a posteriori, par des campagnes de surveillance. Le marquage CE atteste d’une démarche sérieuse, pas d’une perfection absolue. Pour en savoir plus sur les signes concrets auxquels vous fier dans vos achats, consultez notre article pratique : Comment savoir si un jouet est conforme à la réglementation ?

logo de china export
logo de conformité européenne CE

Conformité Européenne CE

China Export

9. L’étiquetage obligatoire et les avertissements

La directive 2009/48/CE impose des exigences précises en matière d’étiquetage, qui ne sont pas de simples recommandations : leur absence ou leur non-conformité constitue une infraction.

Les mentions obligatoires. Tout jouet commercialisé en France doit comporter, sur le jouet lui-même ou sur son emballage : le nom et l’adresse du fabricant ou de son représentant dans l’UE, la référence du type ou le numéro de lot permettant l’identification du produit, le marquage CE, les avertissements d’âge appropriés, et toute mise en garde spécifique liée aux caractéristiques du jouet.

Les avertissements d’âge. Les avertissements d’âge minimum ne sont pas arbitraires. Ils résultent directement des analyses de risques réalisées lors des essais de conformité. La mention « Ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois » signifie que le jouet présente des caractéristiques concrètes (petites pièces détachables, cordes longues, mécanismes complexes) qui le rendent dangereux pour les jeunes enfants. Ignorer cet avertissement peut avoir des conséquences graves.

Pour les porteurs bébé et les bascules en bois, un poids maximum est également mentionné : au-delà de ce seuil, la résistance mécanique garantie par les essais n’est plus assurée.

La langue des avertissements. Les mentions et avertissements doivent être rédigés dans la langue officielle du pays de commercialisation. Un jouet vendu en France avec des avertissements uniquement en chinois, en anglais ou dans toute autre langue sans traduction française ne respecte pas la directive. Cette non-conformité est fréquemment relevée par la DGCCRF lors de ses contrôles sur les produits importés. A lire aussi : Jouets dangereux : ce qu’il faut vérifier pour les éviter

10. La surveillance du marché du jouet

La DGCCRF. En France, la surveillance du marché des jouets est assurée principalement par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), rattachée au ministère de l’Économie. Ses enquêteurs sont habilités à procéder à des contrôles inopinés dans les points de vente physiques, sur les marchés, auprès des importateurs, et depuis 2020, de manière croissante, sur les plateformes de commerce en ligne.

Les contrôles de la DGCCRF peuvent prendre plusieurs formes : prélèvements d’échantillons pour analyse en laboratoire, vérification documentaire (dossiers techniques, déclarations de conformité), injonctions de retrait ou de rappel, transmissions au parquet pour des suites pénales.

Les rapports annuels de la DGCCRF révèlent régulièrement des taux de non-conformité significatifs, particulièrement élevés pour les jouets importés hors UE et pour ceux vendus via des marketplaces généralistes. Les infractions les plus fréquemment constatées sont l’absence ou la mauvaise apposition du marquage CE, des avertissements incomplets ou absents, et la présence de substances chimiques dépassant les seuils autorisés.

Safety Gate. Au niveau européen, le système Safety Gate (anciennement RAPEX) permet aux États membres de notifier rapidement les produits dangereux identifiés sur leur territoire. Ces notifications déclenchent des retraits coordonnés dans toute l’Europe. Chaque semaine, plusieurs dizaines de jouets sont signalés et retirés du marché européen via ce système. Les consommateurs peuvent consulter ces alertes directement sur le portail Safety Gate de la Commission européenne.

Les parents peuvent également signaler un jouet suspect en France via la plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr), directement accessible à tous les consommateurs.

11. La mention « Ce produit n’est pas un jouet »

Sur certains sites de vente en ligne ou dans des magasins de décoration, vous avez peut-être rencontré la mention : Ce produit n’est pas un jouet. Cette formulation est légalement permise, mais elle appelle une vigilance particulière. En indiquant qu’un produit n’est pas un jouet, le fabricant ou le distributeur exclut ce produit du champ d’application de la directive 2009/48/CE. Il n’est donc pas tenu de réaliser les essais de conformité, de constituer un dossier technique, d’apposer le marquage CE ni de respecter les normes EN71. Les obligations réglementaires applicables deviennent alors celles des produits de décoration ou des articles pour adultes, beaucoup moins contraignantes en matière de sécurité des enfants.

Un fabricant peut utiliser cette mention de bonne foi lorsque le produit est réellement conçu pour les adultes (objet de collection, décoration d’intérieur). Mais dans certains cas, cette mention est utilisée pour des raisons économiques : éviter les coûts et la complexité des procédures de mise en conformité, ou commercialiser un produit qui ne passerait tout simplement pas les tests requis.

On trouve régulièrement cette mention sur des poupées vendues comme objets de collection mais accessibles aux enfants, des bascules vendues comme objet de décoration de chambre d’enfant, des figurines métalliques aux bords potentiellement tranchants, ou des objets en bois dont les peintures contiendraient des métaux lourds dépassant les seuils EN71-3.

La règle absolue à retenir : si un enfant de moins de 14 ans est susceptible d’utiliser le produit pour jouer, l’absence de marquage CE ne le protège pas. Préférez toujours des produits portant le marquage CE légitime et dont le fabricant communique de manière transparente sur ses essais de conformité. A lire aussi : Acheter un jouet en ligne : 10 précautions  pour éviter les arnaques

La réglementation des jouets pour enfants est un dispositif juridique et technique complexe, mais cohérent dans son objectif : protéger les enfants de moins de 14 ans des risques physiques, chimiques et mécaniques que peuvent présenter des jouets mal conçus ou mal fabriqués. Elle repose sur la directive européenne 2009/48/CE, traduite concrètement par les normes EN71 et le règlement REACH, et engage la responsabilité juridique de tous les acteurs de la chaîne économique. Pour les parents, comprendre le cadre réglementaire permet de faire des choix d’achat éclairés. Le marquage CE reste le premier signal à rechercher sur tout jouet. Mais c’est la transparence du fabricant, sur ses essais, ses matériaux, ses procédés, qui constitue la garantie la plus solide.

Chez Chou du Volant, nous concevons et fabriquons nos jouets en France en nous imposant les exigences les plus élevées : essais complets réalisés par Bureau Veritas, bois PEFC, peintures non toxiques, fabrication en Bretagne et Pays de la Loire. Nos porteurs bébé, bascules, draisiennes et tentes tipis de jeu respectent l’intégralité de ce cadre réglementaire, et nos rapports d’essais sont consultables sur notre page sécurité et conformité des jouets.

Pour aller plus loin : Comment reconnaître un jouet conforme au quotidien ? : Notre guide pratique pour les parents au moment de l’achat.

12. FAQ : vos questions sur la réglementation des jouets

La réglementation s’applique-t-elle aux jouets d’occasion ? Oui. Un jouet d’occasion vendu entre particuliers ou dans une brocante est théoriquement soumis aux mêmes exigences que lors de sa première mise sur le marché. Dans la pratique, le contrôle est plus difficile à exercer sur ces canaux, ce qui impose une vigilance accrue aux acheteurs.

Un jouet acheté hors Union européenne est-il conforme à la réglementation européenne ? Pas nécessairement. Si ce jouet est importé en Europe pour y être vendu, l’importateur est légalement responsable de sa mise en conformité avec la directive 2009/48/CE. En revanche, un jouet acheté directement auprès d’un vendeur asiatique sans intermédiaire européen peut ne pas avoir été soumis à ces contrôles.

La réglementation s’applique-t-elle aux jouets fabriqués artisanalement ? Oui, sans exception. Tout produit destiné au jeu des enfants de moins de 14 ans, quelle que soit la taille de l’entreprise qui le fabrique, est soumis aux obligations de la directive. Les artisans et les micro-entreprises ne bénéficient d’aucune dérogation.

Qu’est-ce que le COFRAC ? Le COFRAC (Comité Français d’Accréditation) est l’organisme officiel français qui accrédite les laboratoires d’essais et les organismes de certification. Un laboratoire accrédité par le COFRAC pour les essais sur les jouets répond aux critères d’un organisme notifié au sens de la directive 2009/48/CE.

Quand un fabricant est-il obligé de recourir à un organisme notifié ? Le recours à un organisme notifié est obligatoire pour les jouets présentant des risques particuliers, notamment lorsque les normes harmonisées ne couvrent pas entièrement les risques identifiés, ou lorsque le fabricant ne suit pas les normes harmonisées. Il est fortement recommandé dans tous les cas pour offrir une garantie de conformité inattaquable.

Que faire si je découvre un jouet potentiellement dangereux dans le commerce ? En France, vous pouvez le signaler sur la plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr) de la DGCCRF. Au niveau européen, les alertes publiées sur le portail Safety Gate de la Commission européenne permettent de vérifier si un produit a déjà été signalé.

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