Trotteur : Que faut-il en penser ?

 
aider bébé à marcher

 

Très vendu en France, le trotteur, appelé aussi youpala, est un objet de puériculture que beaucoup de personnes achètent. Ils pensent qu'il aide les enfants à marcher plus vite. Quels sont les bénéfices du trotteur ? Quels sont les risques ? Nous vous donnons ici quelques éléments de réponse.

 

Trotteur

C'est un objet de puériculture composé d'une armature munie de roulettes et d'un harnais suspendu. Il est destiné à soutenir le corps et les jambes d’un nourrisson. Il peut ainsi se déplacer en position debout et partir à la découverte de son environnement. Il est conçu pour ceux capables de se tenir assis tout seuls, en général autour de 8 à 9 mois. Le trotteur n'entre pas dans la catégorie des jeux, contrairement au pousseur et au porteur (Cf. Notre jouet avion bébé). Il ne possède pas leurs caractères ludiques. Ces trois objets, souvent confondus par les parents, s’adressent à des enfants ayant des âges et des aptitudes différents.

 

Acquisition de la marche

L’apprentissage de la marche se fait en moyenne entre 12 et 18 mois (Cf. Jouet aide à la marche : Lequel choisir)Avant de savoir marcher, l'enfant va expérimenter naturellement différents mouvements et situations. Par exemple, se retourner sur lui-même. Mais aussi se tenir assis, marcher à quatre pattes, se tenir debout avec un appui. Et également, être en équilibre sur ses deux pieds. Etre en déséquilibre pour ensuite se rééquilibrer. Et finalement faire ses premiers pas. Lors de ce processus, il faut qu'il passe par plusieurs phases de développement neurologique, musculaire et psychique. Il ne sert donc à rien de lui apprendre trop tôt à marcher. S'il ne sait pas encore le faire, c’est que tout simplement ces différents éléments ne sont pas encore acquis.

 

Le youpala n'autorise pas à être dans les différentes situations énoncées précédemment. Suspendus dans un trotteur les enfants se retrouvent prématurément en position verticale. Ils sollicitent moins leur musculature. Ils se déplacent en prenant appui avec les pointes de leurs pieds. Ils n’explorent pas non plus certains mouvements de coordination de leurs bras et de leurs jambes. Ils ne testent pas davantage leur équilibre. Cette mise en situation en position debout serait en fait en inadéquation avec l'apprentissage de la marche.

 

Les professionnels de la petite enfance, psychomotriciens, pédiatres, kinésithérapeutes, s’accordent majoritairement à dire que les trotteurs n’ont pas d’intérêt. Ils n’accélèrent pas l'acquisition de la marche. Ils auraient de surcroît, selon les résultats de quelques études, tendance à la retarder. Un retard de quelques semaines seulement qui n'aurait heureusement pas de conséquences.

 

Source d'accidents 

L’une des causes les plus fréquentes est la chute des enfants dans les escaliers. Ils arrivent au bord et tombent. Les escaliers n’ont pas été suffisamment sécurisés. Par exemple avec une barrière de sécurité. Le basculement du trotteur est une seconde cause d’accident. Parce qu'il n’a pas franchi toutes les étapes de son développement (ramper, marcher à quatre pattes, se tenir debout), à la moindre difficulté il peut perdre l’équilibre et basculer vers l’avant. Cela peut être lié à une irrégularité sur le sol avec un tapis ou bien une petite marche. Autres conseils. Ou bien en voulant attraper des objets, ses jouets, sa peluche doudou tombée parterre par exemple. L'enfant peut aussi se cogner la tête en heurtant un meuble, une table. Cela peut arriver car il ne maîtrise pas toujours sa vitesse, ni ses trajectoires. Ou bien parce qu'il fait tomber sur lui un objet posé sur un meuble.

 

Le trotteur est aussi source d’accidents domestiques car il autorise une plus grande liberté de déplacement. En explorant des endroits potentiellement dangereux (en particulier la cuisine), les enfants peuvent tromper la vigilance des adultes responsables de leur surveillance. Brûlures et intoxications peuvent survenir du fait de la position debout. Ils peuvent attraper plus facilement des choses dangereuses jusque-là inaccessibles. Celles posées sur une table, sur un meuble. Leur tête est en effet à la hauteur de beaucoup plus de surfaces. Ils peuvent aussi poser leurs mains sur la vitre chaude d'un four ou d'un poêle. Pour information, les trotteurs sont interdits à la vente dans certains pays, dont le Canada (depuis 2004). L’Association Européenne pour la Sécurité des Enfants (European Child Safety Alliance) demande également leur interdiction dans l’Union Européenne depuis de nombreuses années.

  

Source de controverses

Le trotteur fait souvent polémique. Pour de nombreux spécialistes, il est considéré comme inutile, voire dangereux. Si malgré tout, les personnes souhaitent en acheter un, elles devront être vigilantes. Et bien se renseigner sur les précautions d’usages à adopter. Il faut bien évidemment choisir un modèle conforme à la norme européenne EN 1273. Respecter les conseils et les conditions d’utilisation. Sécuriser et délimiter un périmètre dans la maison. Ne pas laisser les enfants sans surveillance. Pour certains, c'est un objet de puériculture bien pratique. Les bébés jouent avec pendant qu’ils ont les mains libres pour réaliser leurs tâches quotidiennes. En remplacement, beaucoup de jouets pour développer la motricité du bébé sont accessibles aux parents. Comme une bascule enfant, un porteur par exemple. Durant ces jeux, ils seront plus en sécurité et s’amuseront davantage. Et les étapes nécessaires à leur croissance seront mieux respectées. Il existe aussi la solution du parc ou bien celle de l’écharpe de portage.


11/06/2017 à 9h11


Publié dans Eveil et jeux

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